Membre de l’Etat Islamique, le français Adrien Guihal est considéré comme l’un des plus hauts dignitaires de Daesh en France. En juin 2016, il avait revendiqué au nom de l’organisation l’assassinat d’un couple de policiers à Magnanville (Yvelines), puis l’attentat meurtrier de Nice le mois suivant, avant d’être capturé en 2018 par les forces kurdes en Syrie.
Il a été l’un des portes-parole de l’État Islamique (EI) : le combattant du Djihad Adrien Guihal sera jugé en Irak, a annoncé une source proche de l’enquête à l’Agence-France-Presse (AFP) ce jeudi 25 septembre 2025. Originaire de Seine-Saint-Denis, Adrien Guihal est bien connu des services antiterroristes. Converti en 2002 à la religion musulmane, il parfait sa pratique de l’islam en se rendant à maintes reprises en Arabie Saoudite et en Égypte. Des pérégrinations qui lui font croiser le chemin de Farouk Ben Abbes, vétéran du djihad en Belgique notamment poursuivi pour son implication dans l’attaque du Bataclan le 13 novembre 2015 à Paris. À cette même époque, il fait la connaissance de Fabien et Jean-Michel Clain, deux français particulièrement influents dans la propagande médiatique du groupe État Islamique.
La figure montante de Daesh
Réputé pour ses talents de prêcheur et sa fine connaissance du Coran, il devient une référence au sein du forum radical francophone Ansar Al-Haqq. Après plusieurs interpellations en 2010 et une condamnation par le tribunal correctionnel de Paris en 2012, le français fait son départ pour la Syrie en 2015. Il est alors visé par un mandat d’arrêt international, puis capturé 3 ans plus tard à Raqqa, capitale syrienne. Bien que le Quai d’Orsay ait été sollicité par Adrien Guihal en 2022 pour un rapatriement en France, sa requête n’a pas été validée par la justice française : il demeure retenu dans la prison de Derik, au nord de la Syrie.
La voix de l’Etat Islamique capturée en Syrie
Le 19 mai 2025, les Forces démocratiques syriennes (FDS) – coalition militaire kurde soutenue par les Etats-Unis et la France – capturent Adrien Guihal, sa femme et ses six enfants. Le combattant français est alors accusé d’avoir enregistré le communiqué audio de revendication de l’assassinat du couple de policiers à Magnanville (Yvelines), ainsi que celui de l’attentat du 14 juillet à Nice – évènements qui avaient bouleversé la France en 2016. Une arrestation d’une ampleur rare, probablement mise en œuvre par les services de renseignement français.
Adrien Guihal a été transféré en Irak
Nouveau tournant dans l’affaire. « Adrien Guihal, alias Abou Oussama al-Faransi, fait toujours l’objet d’une enquête, et a été transféré en Irak il y a deux mois avec 46 autres Français qui seront jugés ici », vient d’annoncer à l’AFP une source proche de l’enquête souhaitant préserver son anonymat. La semaine dernière, les services de renseignement irakiens avaient d’ailleurs annoncé que les suspects étaient « recherchés par la justice irakienne pour leur implication dans des crimes terroristes commis en Irak ».
Une enquête prise très au sérieux par le gouvernement irakien, qui a prouvé l’appartenance d’Adrien Guihal et des 46 ressortissants français au groupe État Islamique. Contre les activités terroristes de Daesh, les tribunaux irakiens ont pour habitude de condamner les prévenus à mort, y compris les combattants étrangers de l’Etat Islamique capturés en Syrie et transférés de l’autre côté de la frontière. Adrien Guihal en sera-t-il exempté ?
Lou Gomis
